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10/08/2017

Crowdfunding : une neutralité de façade

Les industriels du crowdfunding se présentent comme des acteurs neutres, transparents proposant des technologies mettant en lien deux parties : porteurs de projet et mini-investisseurs.

Pourtant, ils ont un discours évangélisateur assénant l’impact résolument positif pour l’entrepreneuriat : certains groupements agissent même comme des réseaux d’influence conseillant les politiques publiques en faveur du développement du crowdfunding. Ils usent d’une sémantique bien rodée : discours mettant en avant l’opportunité que représente le financement participatif en termes de soutien direct, de croissance économique, de lien social, de sentiment d’engagement et de proximité des individus.

Contrairement à ce qu’elles affirment, les plateformes de crowdfunding sont bien des intermédiaires et qui ne sont, par essence, pas neutres. Du simple fait qu’elles font de la promotion active des projets qu’elles sélectionnent et que leur rémunération dépend du résultat de cette promotion. En effet, leur rémunération est proportionnelle au montant des fonds collectés. Dès lors, les niveaux d’information et de transparence attendus d’elles (ou des collecteurs de fonds) seront toujours sujets à caution.

 

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09/08/2017

Le crowdfunding et son fantasme de révolution du système de financement

« À terme, le crowdfunding a vocation à remplacer des pans entiers du système financier », « Prêter directement de l’argent à une entreprise, une révolution qui devrait pallier la frilosité des banques en matière de financement », s’enthousiasmait-on en 2013. Vraiment ?

En réalité, le soutien d’acteurs bancaires classiques montre que le crowdfunding n’est pas à considérer comme une solution de remplacement, venant débouter les acteurs classiques de leur monopole, mais plutôt comme une nouvelle réponse à celles déjà existantes.

Au stade actuel, le crowdfunding s’intéresse à un marché délaissé par le système bancaire (c’est une solution pour des projets jugés trop petits et/ou trop risqués pour les banques), donc il lui est complémentaire. Il ne s’agit pas d’une alternative à l’épargne classique et au secteur bancaire.

En outre, le financement participatif marche allègrement sur les plates-bandes des institutions de crédit. Ainsi, pour éviter l’aventure malheureuse (des investisseurs mécontents ont intenté une class action) de Prosper aux États-Unis, les plateformes de prêts cherchent à présenter uniquement des entreprises en bonne santé économique qui pourraient théoriquement passer les tests des banques. Or ces entreprises ont déjà un accès favorisé auprès des organismes de crédit. Ce ne sont pas à ces entreprises qu’il faut porter secours. On se trompe de cible.

 

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07/08/2017

Crowdequity, un financement à moindre coût, vraiment?

Proclamer que le financement participatif est un financement à moindre coût est un leurre marketing. Sauf peut-être pour le donation based crowdfunding ou éventuellement pour le reward based crowdfunding. Mais ce dernier est également périlleux, notamment si le porteur de projet ne maîtrise pas ses coûts d’envoi et/ou ses coûts de production.

Concernant l’equity based crowdfunding cette assertion ne peut être qu’une hallucination !

Illustration : le coût d’un investissement dans une jeune entreprise sur la plateforme MyMicroInvest (MMI) est comparable aux tarifs du capital-risque et des fonds de placement. La plateforme s’inspire des fonds de placement structurés, qui retiennent à la source 2% de frais de gestion par an. Dans cette optique, MMI prélève une commission de 12% sur les fonds collectés, correspondant aux frais de gestion d’un investissement (en l’occurrence une prise de participation) sur une période de six ans.

Donc, un particulier investissant 1 000 euros dans une start-up ne sait pas vraiment que celle-ci n’en encaissera que 880 euros. Le coût de la pure collecte de fonds pour la jeune pousse est ici de 12%, soit plus de deux fois ce que prennent habituellement (5%) les leveurs de fonds traditionnels. A ce coût il faut encore ajouter d’éventuels coûts annexes de campagne (réalisation de vidéos professionnelles, etc.).

En outre, dans les cas d’une participation au capital, MMI prélève également une commission sur la plus value réalisée. Elle n’est effectivement perçue que lorsque l’investisseur a réalisé un rendement annuel d’au moins 10% sur le montant souscrit, donc y compris les frais de gestion de 12%.

 

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