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12/08/2017

Le crowdfunding, un financement de proximité, vraiment?

Pour le particulier, la possibilité d’investir directement dans un projet est un mirage !

Le crowdfunding devait permettre la désintermédiation et la proximité du financement de projets et ce grâce à Internet. Au lieu de cela, la plupart des portails d’equity based crowdfunding invitent les gens à se regrouper dans une structure ad hoc dédiée qui, elle seulement, investit dans les projets.

Par exemple, chez MyMicroInvest (MMI), le micro-investisseur n’est pas directement actionnaire de la start-up dans la quelle il investit. Il est seulement détenteur d’une « note participative » qui est émise par MMI en représentation de l’investissement qui est réalisé par les internautes dans le projet en question. La relation entre l’épargnant et la start-up reste au stade virtuel.

Il ne s’agit donc pas d’une relation de proximité… assez éloignée de l’esprit du crowdfunding originel. La foule investit en réalité dans MMI Finance SA (qui procède à des émissions de titres structurées en compartiments isolés pour chaque projet). C’est cette société financière qui, elle, investit ensuite, au côté d’investisseurs professionnels, dans la start-up en quête de fonds. MMI c’est seulement 20%-25% de financement communautaire et 80%-75% de financement professionnel. Dès lors se proclamer acteur de référence du crowdfunding, en Belgique ou en Europe, n’est pas loin d’être une sorte d’imposture !

 

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09/08/2017

Le crowdfunding et son fantasme de révolution du système de financement

« À terme, le crowdfunding a vocation à remplacer des pans entiers du système financier », « Prêter directement de l’argent à une entreprise, une révolution qui devrait pallier la frilosité des banques en matière de financement », s’enthousiasmait-on en 2013. Vraiment ?

En réalité, le soutien d’acteurs bancaires classiques montre que le crowdfunding n’est pas à considérer comme une solution de remplacement, venant débouter les acteurs classiques de leur monopole, mais plutôt comme une nouvelle réponse à celles déjà existantes.

Au stade actuel, le crowdfunding s’intéresse à un marché délaissé par le système bancaire (c’est une solution pour des projets jugés trop petits et/ou trop risqués pour les banques), donc il lui est complémentaire. Il ne s’agit pas d’une alternative à l’épargne classique et au secteur bancaire.

En outre, le financement participatif marche allègrement sur les plates-bandes des institutions de crédit. Ainsi, pour éviter l’aventure malheureuse (des investisseurs mécontents ont intenté une class action) de Prosper aux États-Unis, les plateformes de prêts cherchent à présenter uniquement des entreprises en bonne santé économique qui pourraient théoriquement passer les tests des banques. Or ces entreprises ont déjà un accès favorisé auprès des organismes de crédit. Ce ne sont pas à ces entreprises qu’il faut porter secours. On se trompe de cible.

 

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07/08/2017

Crowdequity, un financement à moindre coût, vraiment?

Proclamer que le financement participatif est un financement à moindre coût est un leurre marketing. Sauf peut-être pour le donation based crowdfunding ou éventuellement pour le reward based crowdfunding. Mais ce dernier est également périlleux, notamment si le porteur de projet ne maîtrise pas ses coûts d’envoi et/ou ses coûts de production.

Concernant l’equity based crowdfunding cette assertion ne peut être qu’une hallucination !

Illustration : le coût d’un investissement dans une jeune entreprise sur la plateforme MyMicroInvest (MMI) est comparable aux tarifs du capital-risque et des fonds de placement. La plateforme s’inspire des fonds de placement structurés, qui retiennent à la source 2% de frais de gestion par an. Dans cette optique, MMI prélève une commission de 12% sur les fonds collectés, correspondant aux frais de gestion d’un investissement (en l’occurrence une prise de participation) sur une période de six ans.

Donc, un particulier investissant 1 000 euros dans une start-up ne sait pas vraiment que celle-ci n’en encaissera que 880 euros. Le coût de la pure collecte de fonds pour la jeune pousse est ici de 12%, soit plus de deux fois ce que prennent habituellement (5%) les leveurs de fonds traditionnels. A ce coût il faut encore ajouter d’éventuels coûts annexes de campagne (réalisation de vidéos professionnelles, etc.).

En outre, dans les cas d’une participation au capital, MMI prélève également une commission sur la plus value réalisée. Elle n’est effectivement perçue que lorsque l’investisseur a réalisé un rendement annuel d’au moins 10% sur le montant souscrit, donc y compris les frais de gestion de 12%.

 

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